Bon second rôle depuis le début d'Étonnants Voyageurs, le film s'impose désormais depuis trois éditions. « Toutes les fictions et les documentaires qui sont projetés pendant ces trois jours sont en résonance avec le festival. Tout est lié et donne de nouveaux éclairages », estime Rachid Oujdi, le chef d'orchestre de toute cette programmation.
Cela peut être un court-métrage qui montre le périple d'un écrivain et donne au spectateur envie de lire son livre, c'est un romancier qui passe derrière la caméra, c'est une fiction sur Israël qui éclaire l'actualité. « On a choisi une trentaine de films qui parlent de l'exode. On pourrait même dire des exodes car les sujets sont très variés, de la guerre, au réchauffement de la planète ».
Un autre thème fort qui s'impose à Saint-Malo, c'est la mer. Pour la deuxième année consécutive, l'École nationale de la marine marchande ouvre ses salles au public. « On va aller dans le sillage de Magellan, au Cap Horn, ce sont une quinzaine d'aventures maritimes et polaires qui sont présentées ».
Bouillonnement d'échanges
A l'issue de chaque projection, il y a un débat ou une rencontre avec le réalisateur. Une soixantaine est arrivée hier soir des quatre coins du globe pour aller à la rencontre du public. Pour ces professionnels du 7 e art, le festival est aussi l'occasion de croiser leur travail avec celui des écrivains. Ce bouillonnement d'échanges sert de catalyseur. « Bernard Boyer est venu ici il y a deux ans avec un documentaire. En sortant d'Étonnants Voyageurs, il a décidé de repartir sur le champ ! Il nous revient avec un film sur la Terre de feu qu'il a bouclé la semaine dernière », se réjouit Rachid Oujdi. La Malouine Sylvie Levey, elle, a quitté la cité corsaire depuis longtemps pour vivre en Chine. Elle arrive avec « Shanghaï, en attendant le paradis », un reportage qu'elle a mené pendant six ans auprès d'une famille dont la maison allait être rasée. À travers l'histoire de ces gens déplacés, c'est une grande partie de l'Empire du milieu qui se dévoile.
Avant-premières et films rares
Le festival peut s'enorgueillir d'avoir dans sa sélection bon nombre d'avant-premières et oeuvres rarement diffusées. « On les décline en demi-journée pour embarquer complètement les spectateurs dans un univers donné ». On passe cet après-midi avec Joseph Kessel, la nuit prochaine avec les polars, et parler manouche dimanche. « Ce qui est formidable, c'est que le public adhère à notre démarche. A toutes les séances, il y a la queue devant les salles. Certains se laissent conduire au hasard du programme, d'autres, de plus en plus nombreux viennent exprès. Le cinéma amène donc un nouveau public ».
Karin SOULARD.